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L'après COVID-19 : à quel monde professionnel faut-il s'attendre ?

Quelle période ! Après les contestations des « gilets jaunes », les mouvements de grèves à la SNCF… Le COVID-19 ! Cette série d’événements a été bouleversante, mais aussi forte d’enseignements. Elle nous prouve notamment que nous sommes endurants et que notre capacité d’adaptation a largement dépassé notre imagination. La crise sanitaire actuelle entraîne un blocage des économies, étire les systèmes de santé bien au-delà de leurs limites, éprouve les entreprises et les ménages qui, eux aussi, doivent s’adapter… Alors que les effets du coronavirus sont encore bien présents en France et continuent de se propager dans le monde entier, le pays tente de se relever. Nous sommes nombreux aujourd’hui à nous interroger sur les impacts de cette pandémie. Ces derniers mois, beaucoup d’entreprises ont dû fermer leurs bureaux, ralentir leur activité ou encore innover pour tenter de survivre, et ce, en un temps record. Transformation numérique, gestion du temps, travail collaboratif en respectant les règles de distanciation sociale… une chose est sûre, le monde tel que nous l’avons connu jusqu’à présent ne sera plus… Alors, à quel monde professionnel faut-il s’attendre à l’issue de cette crise ?

Une transition numérique à marche forcée

Le bond en avant du télétravail

Bien que la législation en matière de télétravail ait fortement évolué suite aux ordonnances Macron du 22 septembre 2017, beaucoup d’entreprises n’avaient pas encore sauté le pas. Avant le confinement, il était difficile de chiffrer convenablement le taux de télétravailleurs en France. Les dernières études établissaient ce taux entre 8 % et 17,7 %, alors que près de 60 % des Français semblaient aspirer au télétravail (source : teletravailler.fr). Mais voilà, le télétravail résultait avant tout du choix de l’employeur, encore assez frileux à ce sujet.

Les conséquences de la crise sanitaire ont eu raison de ces freins. Télétravailler a été la solution première pour assurer la continuité d’activité et maintenir à flot bien des entreprises. D’après une étude de la DARES, 20 % des entreprises ont dû fermer complètement. Les autres, bien que fortement impactées, ont continué de fonctionner d’une façon ou d’une autre : le télétravail en est une.

 

Bien qu’il ait une connotation professionnelle forte, le télétravail n’a pas impacté uniquement les entreprises. Dans de nombreux secteurs, la transformation digitale est arrivée bien plus vite qu’on ne l’attendait ! L’école à la maison a fait son apparition dans les familles, avec de fortes disparités face à cette modalité d’enseignement, autant pour les élèves que les professeurs. La télémédecine a, elle aussi, fait un bond en avant. Les événements (sociaux) virtuels, les séances de coaching collectif se sont multipliées sur les réseaux sociaux. Le numérique est omniprésent et se positionne en tant qu’outil indispensable à la poursuite de l’activité. Allons-nous revenir à la situation d’avant COVID-19 ou est-ce devenu notre nouvelle réalité ?

Les conséquences du télétravail contraint

Ce que nous vivons actuellement marque un tournant important dans nos méthodes de travail, notre rapport à l’autre, notre rapport à la vie et ses contraintes. S’il y a quelque temps encore, intégrer les outils numériques dans notre vie professionnelle ou personnelle était un choix, aujourd’hui, ce n’est plus une option. Les nouvelles habitudes que nous sommes en train d’intégrer sont les pratiques que nous adopterons demain.

Rappelons tout de même que le télétravail ne concerne pas tous les salariés et que beaucoup de métiers ne s’y prêtent pas. Pour les autres, qu’on l’aime ou pas, le télétravail est devenu une normalité. Alors que les conditions de sa mise en place étaient loin d’être optimales (précipitation, stress lié à la situation, enfants à la maison…), nombreux sont les salariés à avoir découvert, durant cette crise, les vertus, mais aussi les travers du télétravail.

 

Du point de vue de l’employeur, il est à noter que les entreprises ne sont pas toutes sur un pied d’égalité en matière d’accessibilité au télétravail, car cela leur pose de nombreux défis : évaluer les postes et les profils qui peuvent bénéficier du télétravail, déterminer les missions à réaliser à distance, fournir le matériel nécessaire ainsi que les outils de connexion sécurisés, gérer les relations avec chacun et le travail en équipe, sans oublier le management à distance. Force est de constater que le télétravail a été la meilleure réponse à la crise actuelle et que nous ne sommes pas à l’abri d’autres événements bloquants dans le futur (grèves, intempéries, nouvelle épidémie). Les entreprises ont donc tout intérêt à l’envisager comme une option possible, voire une solution pérenne, hors contexte COVID-19.

On a beaucoup évoqué l’impact du télétravail sur les salariés, mais il me semble important de s’attarder sur le rôle des managers. Le management à distance nécessite de repenser les compétences essentielles à cette fonction. Les managers vont devoir lâcher prise : moins de contrôle, plus de confiance ! Pour certains c’est une évidence, pour d’autres une épreuve… Quoi qu’il en soit, cette crise sanitaire donne l’occasion au management “à la française”, souvent perçu comme trop hiérarchique et trop rigide, d’évoluer.

Et le bureau dans tout ça ?

La vie au bureau après le COVID-19

Je ne sais pas vous mais, en ce qui me concerne, essayer de conserver le même rythme de travail que dans le cadre habituel a été impossible. Maman de 3 enfants, en 6e, CM2 et CP, je dois dire que les journées ont été drôlement remplies et, là aussi, il a fallu lâcher prise. Mais cela ne m’a pas empêchée, comme tant d’autres, d’assurer tant bien que mal mes activités professionnelles.

 

Si la période de confinement est arrivée avec son lot de challenges, la reprise ne s’annonce pas vraiment plus reposante ! Le gouvernement a produit et diffusé un grand nombre de documents en vue d’accompagner les Français au retour dans les bureaux. L’adaptation des rythmes de travail à la situation et le respect des nouvelles règles sanitaires sont des conditions essentielles à la reprise. À ce titre, on parle d’horaires de bureau décalés, d’alternance de jour de présence entre les salariés, de suppression des espaces de vie dans l’entreprise… Le lien social, essentiel à la vie de l’entreprise, est mis à mal. Les entreprises qui n’ont pas su garder le lien avec leurs salariés pendant la crise en constatent certainement déjà les dégâts : une distance s’est instaurée entre elle et leurs salariés, faisant naître des frustrations, voire un désengagement. Le déconfinement et la reprise de l’activité ne signent pas encore le retour aux relations sociales d’avant : on ne se serre plus la main, on ne se fait plus la bise, on se tient à distance les uns des autres. Le maintien du lien social dans ce contexte est un vrai challenge !

Entre besoin de socialisation et distanciation sociale

Le juste milieu sera difficile à trouver. Le déconfinement s’accompagne de différentes directives émanant de plusieurs acteurs : le gouvernement, l’OMS, ou encore les services de santé au travail. Toutes les dispositions concourent à promouvoir les gestes barrières et mettent l’accent sur les mesures de distanciation sociale. Les entreprises doivent faire de la santé et la sécurité de leurs salariés une priorité, mais les salariés ne sont pas égaux face à ces mesures. Pensons notamment aux métiers dit de proximité, ou encore, au personnel en contact permanent avec le public. La crise sanitaire a conduit de nombreux salariés à s’interroger sur les modalités de retour à une vie professionnelle “normale”. La plupart d’entre nous faisons appel au bon sens pour appliquer les mesures d’hygiène et de sécurité. Mais Jean-Paul Sartre ne disait-il pas “l’enfer c’est les autres” ? Comment être sûr que toutes personnes qui nous entourent respectent bien les règles sanitaires ?

 

Alors que l’heure est au déconfinement, les mesures physiques sont les plus visibles, mais la dimension psychosociale est un facteur essentiel à prendre en compte dans le cadre du retour au travail. Pour beaucoup, le confinement a été une période stressante, voire traumatisante. Il me semble que la reprise ne pourra pas se faire sereinement sans tenir compte de la dimension psychologique que ces événements ont pu avoir sur les salariés. Comment ? En communiquant avec eux, en leur demandant comment ils ont vécu cette situation exceptionnelle, en prenant note du positif comme du négatif pour essayer d’en tirer des enseignements et, pourquoi pas, construire ensemble un nouveau modèle.

Notre rapport au travail a changé

Vers une revalorisation des métiers essentiels ?

Cette pandémie nous aura rappelé que les métiers de proximité sont essentiels dans nos vies quotidiennes. Parmi eux, des soignants, des éboueurs, des caissières, des livreurs… qui sont souvent des travailleurs précaires. Il est certain que nous n’aurions pas pu traverser cette crise sans eux. Ce constat nous pousse à nous interroger sur la valeur que nous accordons à ces métiers indispensables et à les reconsidérer, tant en termes de reconnaissance que de rémunération. À l’issue de cette période, on observe donc un monde du travail à deux vitesses. D’un côté, tous ces métiers pour lesquels le télétravail est rendu possible et de l’autre, les métiers de terrain ; avec parfois, au sein d’une même entreprise, un risque de fracture entre ceux qui peuvent télétravailler et ceux qui ne le peuvent pas.

Et si le travail n’était plus la priorité ?

Le confinement a été un défi professionnel pour beaucoup. Il a aussi eu un impact fort sur notre vie personnelle et rebattu les cartes de notre rapport au travail. Concilier vie professionnelle et vie personnelle est une priorité pour bon nombre d’actifs : 92 % des salariés jugent “important” le sujet de l’équilibre des temps de vie (source : UNAF, Baromètre OPE de la Conciliation entre Vie professionnelle, Vie personnelle et Vie familiale, 2018). Le confinement a été l’occasion de questionner la place du travail dans nos vies et le sens que l’on souhaite lui donner. Il me semble que beaucoup de ceux qui se sont retrouvés sans activité ont rapidement souhaité retourner au travail : se sentir à nouveau actif, dans un collectif, retrouver une routine, un cadre de vie qui renvoie à une certaine normalité… La crise sanitaire a bouleversé notre rapport au travail, mais aussi notre rapport au chômage ! Qui pourrait encore juger celui qui est sans emploi aujourd’hui ?

En immobilisant l’économie mondiale pendant des mois, la crise sanitaire nous a contraints de prendre un peu de hauteur sur nos activités. Elle nous a donné l’occasion de faire le point sur notre façon de considérer le travail et nos relations avec nos collaborateurs. Chacun de nous a aujourd’hui l’opportunité d’envisager de nouvelles pratiques, de redistribuer les rôles, de bâtir un nouveau modèle. La fonction RH est au cœur de cette transformation et elle a apporté pendant la crise toute la preuve de sa légitimité. J’ai néanmoins conscience des difficultés que peuvent rencontrer les dirigeants d’entreprise, surtout en cette période de crise, à mener de front leurs activités tout en gérant au mieux leurs ressources humaines. C’est pour les accompagner et les aider à faire grandir leur entreprise, en veillant au bien-être de leurs salariés, que j’ai créé INO Partner. Et si nous poursuivions la réflexion ensemble ?

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